GÉNÉRATION X
• Une enfance marquée par la fin des Trente Glorieuses, la montée des crises économiques et un besoin précoce d’autonomie qui les a rendus débrouillards et assez lucides sur le monde
• Un rapport au travail plus flexible que celui des boomers, mais plus structuré que celui des millennials, avec une volonté de stabilité sans renoncer à une certaine liberté
• Une transition numérique vécue en direct, de l’analogique au digital, qui leur a donné une vraie capacité d’adaptation et une vision hybride du progrès
• Un esprit critique très fort, nourri par un mélange de scepticisme et de pragmatisme, qui les pousse à questionner les règles plutôt qu’à les suivre aveuglément
• Un rapport à la culture et à l’identité marqué par l’arrivée des contre cultures, du rock, du hip hop, des débuts d’Internet et d’une ouverture au monde qui les a structurés durablement
La Génération X, née entre 1965 et 1980, est souvent perçue comme une génération un peu entre deux mondes, coincée entre les boomers qui ont connu l’abondance et les millennials qui ont grandi avec la mondialisation et le numérique. Mais quand on regarde de près, on découvre surtout une génération incroyablement résiliente, qui a grandi dans un contexte plus dur, plus fragmenté, où l’on apprenait très tôt à se débrouiller. Ils ont vécu la fin de la stabilité automatique, la montée du chômage, les premières vagues de désindustrialisation, ce qui a construit chez eux une forme de réalisme presque instinctif. Ils ont grandi seuls plus souvent, avec des parents qui travaillaient beaucoup, et cette autonomie forcée a façonné une génération capable de tenir debout quoi qu’il arrive, avec un mélange de loyauté et de distance qui leur est propre.
Dans le monde professionnel, les X ont toujours cherché une sorte de juste milieu. Ils respectent l’idée de stabilité, comme les boomers, mais ils ont compris avant tout le monde que le monde allait bouger et qu’il faudrait savoir pivoter. Ils n’ont pas attendu la révolution numérique pour sentir que les carrières linéaires ne seraient plus la norme. Leur rapport au travail s’est construit sur une tension permanente entre le besoin de sécurité et l’envie d’avoir leur espace de manœuvre. Ils veulent être libres mais pas livrés à eux mêmes, engagés mais pas enfermés. Et cette dualité fait d’eux des profils solides, responsables, mais capables de réinventer leur trajectoire quand il le faut.
Ils sont aussi la première génération à avoir traversé l’arrivée d’Internet en tant qu’adultes. Ils ont connu le monde sans écrans, et puis soudain avec. Cette transition, ils ne l’ont pas observée de loin, ils l’ont absorbée tout en construisant leur vie pro et perso. C’est ce qui leur donne ce côté hybride, capables d’apprécier la simplicité d’avant tout en comprenant l’intérêt du digital. Ils ne sont pas des natifs, mais ce sont peut être les plus adaptables, car ils savent fonctionner avec et sans technologie. Cette position intermédiaire fait d’eux souvent des médiateurs naturels entre générations, ceux qui comprennent tout le monde sans appartenir totalement à aucun camp.
Dans leur rapport à la culture, les X portent en eux toute l’explosion des contre cultures. Le rock, le punk, le hip hop, les débuts des jeux vidéo, les premiers ordinateurs, les séries cultes, la globalisation de la pop culture… Tout cela a formé une génération qui a appris à se définir en dehors des cadres traditionnels. Leur identité s’est construite moins dans l’héritage que dans le choix. Ils ont grandi dans un monde où la diversité arrivait par la musique, la télé, les films, et où l’idée d’être différent commençait à devenir une force plutôt qu’un obstacle. Ça explique leur esprit critique, leur capacité à se remettre en question, et ce côté un peu indépendant qui les accompagne partout.
Et malgré tout, les X restent une génération souvent discrète, presque effacée dans le brouhaha médiatique, mais essentielle dans l’équilibre actuel du monde professionnel. Ils portent une vision du travail qui mélange loyauté et lucidité, tradition et mouvement, règles et liberté. Ils ont été les premiers à comprendre que rien n’était garanti, et ça les rend d’autant plus conscients de ce qu’il faut protéger, transformer ou abandonner. Ils ne font pas de bruit, mais ils avancent avec une détermination tranquille, presque sous estimée, alors qu’ils occupent aujourd’hui beaucoup de postes clés et influencent profondément la manière dont les organisations se structurent.
Le conseil Apeiro : offrir à la Génération X un environnement où leur autonomie est respectée, où leur expérience est valorisée sans les enfermer, et où ils peuvent naviguer entre stabilité et innovation. Leur proposer des espaces où ils peuvent tester de nouvelles approches tout en gardant un cadre solide, et surtout reconnaître leur rôle de passerelle naturelle entre les générations. C’est en leur donnant cette liberté encadrée qu’on obtient le meilleur d’eux, avec leur pragmatisme, leur créativité discrète et leur capacité unique à faire le lien entre hier et demain.



